Les vertus sensuelles de la couleur
"'...'Mélange de Lourdeur et d'irréalité,
Ce qu’elle recherche, toutefois, par-dessus tout, c’est l’expression, la passion qui éclate sur un visage et dans toute la disposition du tableau, même dans les vides. La couleur dans cette œuvre est pétrie comme un émail, flamboie dans les pourpres comme dans les bleus entre les cernes noirs qui magnifient le dessin affirmé et solide, notamment dans ces tableaux de femmes où la même ligne souple et sinueuse entoure un visage, un bras, un corsage… L’émotion qui s’en dégage appartient intimement au sujet et laisse rêveur le visiteur.
'...'Cette touche poétique s’incarne également dans des formes plus étranges, plus évanescentes qui peuvent prendre l’allure d’images révélées avec ce mélange de lourdeur et d’irréalité, semblable aux incantations obsédantes ou aux rêves hallucinants. Ici, l’artiste se retrouve à la frontière trouble qui sépare la précision de l’imprécisable, la réalité de la fiction, le ciel de la terre, la plénitude bleue des braises rougeoyantes, l’éclat vif de la lumière du malaise de l’ombre et, peut-être bien, le pardon et l’oubli. C’est une zone pas tout à fait noire où l’artiste ne s’aventure pas sans risque et dont elle sort grandie. Peindre l’homme et la femme ensemble ou séparément n’est pas chose aisée. "
Mounira AOUADILe TEMPS
Entretien- Le Temps
"On serait tenté de prendre les peintures de jihen abda
pour un rêve éveillé, où la violence des couleurs trouve l’alibi nécessaire
afin de justifier le passage ambigu de l’adolescence vers l’âge adulte :
passage passé à étudier, à déchiffrer et à observer…L’artiste peut paraître
tout cela, mais ce n’est pas le cas. Les titres des tableaux révèlent à eux
seuls toute la complexité d’une peinture qui va s’abreuver dans les sources
d’un classicisme et d’un romantisme devenus ici plus personnalisé."
« Pour
moi, l’innovation réside dans l’émotion ! »
Le temps : Ceux qui vous connaissent, vous décrivent comme une jeune fille,
entièrement investie dans votre art. Comment vivez vous cette
préoccupation ?
J.A : oui, c’est complètement vrai. La peinture est quelque
chose d’épuisant et d’accaparant, dans a mesure où elle me prend entièrement
mon temps. Mais, cela passe par un bonheur incomparable qui me tenir.
Je continue,
quant même parce que je ne peux concevoir ma vie autrement. La peinture me
permet de me dépasser et d’aller là ou autrement je n’aurais pas pu être. Mes
moments de doutes sont terribles mais j’y réponds par le travail et la
recherche.
Le temps : A travers la sobriété qui caractérise votre peinture, se dégage une
violence manifeste et en même temps le drame de la vie. Cela ne fait que nous
plonger dans un univers très contrasté. Qu’aimeriez vous vouloir ajouter à
cette impression générale ?
J.A : Presque tous mes tableaux expriment une certaine
violence qui existe en chacun de nous mais qui n’est ni destructrice ni
malveillante. C’est une violence qui est en nous et qui fait que nous soyons vivant,
que nous continuons à ressentir des choses. Cette violence ne détruit pas, elle exprime une souffrance ou tout simplement la vie.
Le temps : En comparant votre première exposition et celle-ci en quoi avez-vous
l’impression d’avoir évoluer ?
J.A: Ma peinture
est certes figurative mais elle ne copie pas la réalité. Les personnages que je
peins ne sont là que pour exprimer une émotion et un mystère que je ne
pourrai traduire autrement, par les mots.
Pour moi l’innovation réside dans l’émotion. Mon objectif est de donner a travers mes tableaux, le plus d’émotion possible. Coté technique, j’utilise en ce moment des empâtements pour crées des mouvements. A lumière est tantôt très présente tantôt presque éblouissante, parfois diffuse. En fait, j’essaie à chaque fois de trouver e nouveaux outils pour y parvenir
Pour moi l’innovation réside dans l’émotion. Mon objectif est de donner a travers mes tableaux, le plus d’émotion possible. Coté technique, j’utilise en ce moment des empâtements pour crées des mouvements. A lumière est tantôt très présente tantôt presque éblouissante, parfois diffuse. En fait, j’essaie à chaque fois de trouver e nouveaux outils pour y parvenir
Le temps : Dans tous ces tableaux au contenu stylisé, il y a des ambiances colorées que vous avez voulu agrandir comme pour signifier sans doute que vous êtes prêtes à aborder l’abstraction. Pouvez vous mieux nous éclairer sur cette démarche surprenante ?
J.A : je considère cette démarche plutôt logique dans la mesure
où ces tableaux que vous dites d’ambiance colorées et que vous considérez
abstraits ne le sont pas pour moi. Ils sont la continuité d’une émotion trop
contenue dans las autres tableaux figuratifs et que j’ai voulu exprimer plus
amplement dans un même élan de continuité. Ils font partie de ce monde onirique
que je dépeins dans tous mes tableaux.






